vendredi 18 novembre 2016

112 APOCALYPSES (n°18)


 
Couchés au pied d’un obélisque de marbre blanc sur lequel fut gravé le nom des morts – ce grand livre égyptien – nous sentions gamins les os de ceux de 14 et 39 bouger sous nos dos avant de s’enfoncer au travers des côtes jusqu’à ce qu’ils s’immobilisent sous les omoplates, comme sous une épaisse couche de boue couvrant quelque charnier. Le long de la Malecon, entre El Centro et la Habana Vieja, face au golf de Floride avec, au loin, brulants, impudiques, les feux païens de l’ultralibéralisme, des milliers de damnés du castrisme se déhanchent sur une musique dont les rythmes et la moindre note sont une protestation manifeste contre l’idée de mort.
 

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